Bonjour et bienvenue à ce chat Didier sur l’enseignement de l’Anglais. Nous accueillons aujourd'hui Mélanie Herment, coordinatrice pédagogique de la collection E for English. Nous vous remercions pour les nombreuses questions déjà posées par certains d'entre vous depuis mardi dernier. Certaines questions portant sur le même sujet, l’auteur n'y répondra qu'une fois. N'hésitez pas à nous envoyer vos nouvelles questions en lien avec le thème ou à réagir aux échanges. Les auteurs vous répondra au fur et à mesure jusqu'à 18h00.

Bonjour à tous, merci d'être connectés. Je suis prête à répondre à vos questions.



Nanou : Comment aider les élèves à retenir le vocabulaire et à se l'approprier ?

Bonjour Nanou, c'est une excellente question... et une inquiétude que nous partageons tous. Dans E For English, nous y avons beaucoup réfléchi. Les élèves se plaignent souvent de "ne pas avoir de vocabulaire". Mais, en fait, qu'est ce que "ne pas avoir de vocabulaire" ? Parfois, il peut s'agir d'un vrai déficit lexical, auquel cas l'élève doit pouvoir mobiliser diverses stratégies : compenser, utiliser un dictionnaire...nous l'y invitons tout au long du manuel et, plus spécifiquement, à travers des conseils et des activités concrètes dans les pages "How to write a draft and not lose your mind !" et "How to use a dictionary and not Google Traduction !". Mais bien souvent, "je n'ai pas de vocabulaire" signifie en réalité "je ne sais pas le mobiliser". Nous l'y aidons de différentes façons qui répondent toutes à un grand principe : être actif.
1- S'interroger, se servir du lexique rencontré dans les documents, réfléchir avec ses camarades et avec le professeur aux mots dont on va avoir besoin : cette démarche active face au lexique est la première étape indispensable à sa mémorisation.
2- Utiliser et réutiliser le lexique : nous avons cherché, à travers la cohérence thématique et pédagogique des chapitres, à favoriser ce réemploi constant. Par exemple, dans le chapitre 1, "You've got talent !", le vocabulaire utile pour pouvoir, en tâche finale, présenter son talent au jury et parler de soi est d'abord entendu en contexte puis réemployé tout au long du chapitre.
3- Mémoriser et mobiliser ce lexique grâce aux exercices d'entraînement proposés dans la page "Words" de chaque chapitre : depuis les marguerites à compléter dans le workbook pour les "Words to remember" jusqu'aux exercices "Work with a friend" où l'élève "prend la main". Ces derniers exercices, interactifs, nous semblent indispensables pour amener l'élève à travailler en autonomie. En effet, ce n'est plus nous qui lui demandons de mobiliser du vocabulaire mais lui qui le fait mobiliser à un autre camarade.



mkc : Comment garder les élèves 'on task'? Leur laps d'attention est très court...

Bonjour mkc, il me semble qu'une condition importante pour maintenir l'attention des élèves est déjà de l'éveiller : éveiller leur curiosité, les intriguer, capter leur attention. Dès lors qu'il y a un vrai déficit d'information et que l'élève est amené à s'interroger, il a alors une vraie raison de s'intéresser à ce qu'on lui propose. Un exemple me vient à l'esprit : dans le chapitre 8, "What if...?", nous interrogeons d'emblée l'élève sur la probabilité que l'invisibilité et le voyage dans le temps soient possibles. Ces questions sont susceptibles de les intéresser mais c'est lorsqu'ils apprennent que ces 2 perspectives sont en réalité déjà possibles (!) qu'on emporte leur adhésion et qu'ils ont envie d'en savoir plus. Par ailleurs, il est généralement opportun de varier les types d'activités dans une même séance afin de faire appel à différentes compétences chez l'élève et de s'efforcer de mettre le groupe le plus souvent possible en situation d'interaction.



TNW : Les supports proposés par E for English 4e sont ambitieux. Le manuel de 3e tient-il compte de la réalité des classes ?

Bonjour TNW, oui bien sûr, le manuel tient compte de la réalité des classes... Je dirais même qu'il s'appuie dessus puisque nous, auteurs, testons les chapitres dans nos classes. Il nous semble important de proposer aux élèves une sélection - parce que les documents sont scrupuleusement sélectionnés - de documents qu'ils pourraient rencontrer dans une situation authentique. Les élèves d'aujourd'hui ont bien de la chance : ils sont bien plus exposés à la langue que nous-mêmes quand nous étions élèves, ils sont donc bien plus habitués à ne pas tout comprendre, à se heurter à des difficultés. S'ils n'ont pas peur de télécharger leur série préférée et la regarde en VO sans sous-titres, parce qu'ils ne veulent pas attendre qu'elle soit diffusée en France, ou s'ils peuvent partager des vidéos en anglais sur les réseaux sociaux, pourquoi devrait-on craindre qu'ils aient peur de cette confrontation en classe ? Peut-être ce sont les attentes que nous avons pour eux qui leur font peur ? Peut-être faut-il réfléchir à ce que nous entendons par "comprendre" un message, "s'exprimer" ? Peut-être sommes-nous parfois trop "dirigistes" quand il s'agit d'exposer les élèves à la langue ... Si les élèves ont une raison tangible d'écouter, de lire ou de s'exprimer, et s'ils sentent que nous avons confiance en leurs capacités, il y a fort à parier qu'ils s'en sortiront. Peut-être ne comprendront-ils pas tout d'emblée, mais, d'une part, est-il vraiment nécessaire de tout comprendre ? D'autre part, ils comprendront peut-être davantage en réécoutant ou en relisant et s'aideront les uns les autres parce qu'ils n'ont pas les mêmes compétences ni les mêmes stratégies. Il va de soi qu'il ne faudrait pas que les élèves se sentent découragés si tout leur semble trop difficile mais nous restons persuadés qu'avec une anticipation solide et un accueil bienveillant des réactions des élèves - aussi éloignées puissent-elles être de ce à quoi on s'était préparé - les élèves devraient pouvoir progresser dans leur compréhension et dans leur expression.



Louise92 : Mes élèves ont des niveaux très hétérogènes, et cela souvent au sein d'une même classe. Comment faites-vous pour que les documents authentiques soient accessibles à tous les élèves?

Bonjour Louise92, la réalité que vous évoquez est celle de nombre d'entre nous. C'est pour cela que nous avons prêté une attention particulière au choix des documents et à l'exploitation que nous en proposons. En fin de collège, il semble inévitable d'avoir des classes hétérogènes et, pour moi, il est alors encore plus crucial de proposer aux élèves des documents authentiques. En effet, ceux-ci n'ayant pas été conçus pour des apprenants étrangers, ils contiennent parfois des obstacles mais aussi souvent des éléments facilitateurs. C'est sur ces derniers que nous allons inviter les élèves à s'appuyer afin d'accéder au sens. Toutefois, puisque les élèves sont tous soumis au même rythme dans la séance, il nous a parfois semblé nécessaire de leur donner la possibilité d'obtenir une aide. Par exemple, dans le chapitre 4, "Breaking the news", pages 48-49, nous proposons aux élèves de faire correspondre des photos de catastrophes naturelles avec des titres d'articles de presse. Certains élèves pourront réaliser l'activité de façon autonome. Mais pour ceux qui en ressentiraient le besoin, une aide est fournie dans le Workbook et signalée dans le manuel sous la forme d'une mention "Need help ?". Par ailleurs, dans le guide pédagogique, nous proposons de nombreuses pistes pour une pédagogie différenciée. Elles peuvent prendre plusieurs formes : conseils de mise en oeuvre, suggestions d'activités intermédiaires, fiches photocopiables.



Hyacint : Dans une classe (4° collège) très hétérogène et dans laquelle une pédagogie différentiée a été déjà expérimentée, que faire pour un apprenant qui décroche malgré tout et qui n'a aucune envie d'apprendre et de progresser vers l'autonomie?

Bonjour Hyacint, c'est une question bien difficile à laquelle je n'aurais pas la prétention de pouvoir répondre tant elle est personnelle. Il est certain que nous nous trouvons démunis face à des élèves qui ont du mal à être à l'école. Si je peux vous faire part de mon expérience personnelle, je vous dirai que j'ai eu la chance de commencer à faire de "l'actionnel" avant que cela porte ce nom grâce à des élèves de 3ème en très grande difficulté. C'est eux que j'ai commencé à faire travailler en groupes, à qui j'ai fait mener mes premiers projets : enquêter sur Jack l'Eventreur à partir des documents de l'époque et en se mettant dans la peau d'un détective, créer un super héros et le présenter à une classe de 6ème en devenant le tuteur d'un élève de ce niveau, etc.



sandrine : Peut-on utiliser les 'training tasks' comme 'final tasks'?

Bonjour sandrine, cela me semble difficile dans la mesure où, pour réaliser une tâche, l'élève doit y avoir été entraîné. Or, les activités proposées dans la seule double page ne sont peut-être pas encore suffisantes. Toutefois, si cela vous paraît opportun, il conviendra alors de ménager une tâche intermédiaire.



Chloé : Est-ce que vous alimenterez une page Facebook comme pour l'édition 4ème, car c'est extrêmement intéressant de continuer à apporter des nouvelles pistes de travail comme vous le faites ?

Bonjour Chloé, oui bien sûr ! La page est toujours active. Elle est dédiée à l'ensemble de la collection et je prends moi-même beaucoup de plaisir à l'alimenter. Je suis ravie qu'elle vous plaise ;-)



Pierre : Bonjour Mélanie, y aura-t-il un E for English en 6ème et en 5ème ? Il n'y a rien de mieux que de travailler avec des documents authentiques. Les élèves (et le professeur) adorent. Bravo pour ce magnifique travail !

Bonjour Pierre, merci beaucoup pour ces paroles très encourageantes ! Comment pourrait-on ensuite refuser de faire E for English 6ème et 5ème ? ;-) Oui, nous l'envisageons, et y réfléchirons activement dès que nous saurons en quoi consistera la réforme du collège. C'est un projet qui nous tient à coeur, d'autant que nous avons très envie de relever le défi de créer un manuel de 6ème qui s'appuie sur des documents authentiques. Nous y croyons ! Je vous remercie beaucoup pour vos questions. Malheureusement, je n'ai pas pu répondre à toutes. Mais je serai ravie de le faire sur la page Facebook www.facebook.com/e.for.english.didier
A très bientôt j'espère !



Merci beaucoup pour votre participation à ce chat Didier. L'intégralité de ce Chat restera consultable quelques jours à cette adresse puis sur le site http://www.editionsdidier.com. N'hésitez pas si vous avez trouvé les échanges intéressants à inviter vos collègues à les consulter : le chat est accessible à tous. Feuilletez en ligne la méthode E for English : http://www.editionsdidier.com/collection/e-for-english Retrouvez une interview vidéo de Mélanie Herment sur http://www.youtube.com/watch? v=XtvdmH_t2Cg